
Richie Sambora, guitariste de Bon Jovi, nous fait remarquer que les fans ne trouveront pas de ballades sur "Have A Nice Day," le dernier album de son groupe, ce qui est assez exceptionnel pour la bande originaire du New Jersey. Au lieu de cela et comme le laisse supposer la chanson titre de l'album, Bon Jovi a opté pour une approche plus agressive.
"Je pense que l'essentiel de cet album évoque la liberté personnelle" a déclaré Sambora lors d'une récente téléconférence avec nos reporters. "C'est une part très importante de ce disque. Faire entendre sa voix."
"C'est une parole mature que l'on retrouve tout au long de l'album parce-qu'elle suggère qu'il faut se défendre, résister et faire entendre sa voix dans ce monde."
David Bryan qui participe également à la téléconférence ajoute "et croire en soi."
Sambora a expliqué que les croyances politiques du chanteur Jon Bon Jovi ont beaucoup participé au changement d'état d'esprit. Lors de la campagne présidentielle de 2004, Jon Bon Jovi a soutenu le candidat John Kerry.
"La prise de position particulière de Jon sur "Have A Nice Day" résulte de la grande désunion qui a touché tout le pays à une époque, et dont il a été témoin. En ce qui me concerne c'était plutôt social. Maintenant, peut-être que du point de vue de Jon, c'est plutôt politique. C'est ce qui fait un groupe. Des idéaux et des sentiments différents, une manière différente de ressentir les évenements."
L'album "Have A Nice Day" est entré à la deuxième place du classement Billboard avec 201.881 copies vendues la première semaine, dépassant ainsi le précédent record de 159.000 exemplaires vendus en 2002 pour "Bounce" la semaine de sa sortie.
Richie, à propos de Have A Nice Day, tu as déclaré vouloir retrouver un son rock. Cela implique que ce type de son n'était peut-être pas accessible au groupe à une époque. Y'a-t-il eu des moments où vous ne vous sentiez pas prêts à faire ce type d'album et quelles sont les raisons qui vous en ont empêché ?
RS : Non. Je pense qu'il y a deux points dans cette question. Tout d'abord, d'un point de vue de l'écriture, tu dois pouvoir écrire ce type de chansons pour réellement accueillir ces sons puissants. C'était la première chose. Et c'est de cette manière que les chansons sont venues à nous.
Ensuite, je pense que c'est quelque chose de contemporain. L'importance de l'écriture pour des titres tels que "Have A Nice Day," "I Want To Be Loved" ou "I Am" nous a donné l'occasion de créer ces sons rock.
Richie, j'ai lu dans la biographie que lorsque tu as rencontré Jon et le goupe, tu as été assez audacieux en exprimant ton souhait de devenir leur guitariste. Que leur as-tu dit exactement et pourquoi voulais-tu tellement rejoindre le groupe ?
RS : Ce moment est déterminant dans l'histoire du groupe. Je n'avais jamais rien fait de tel de ma vie. Le bassiste du groupe était également mon bassiste, je l'empreintais à Jon et son groupe pour faire un showcase. Et il m'a dit: "Tu devrais venir par ici parce-que c'est pas mal et ce gosse est une star." Un soir, alors que je rentrais de Californie où j'avais mon propre label indépendant, je suis allé voir le groupe qui jouait dans un club que je possédais à cette époque. Et je me suis dit "wow, voilà quelque chose de vraiment spécial." J'ai pensé que Jon était une grande star et que le groupe était excellent. Et j'ai pensé que je pourrais combler le vide qui allait créer la magie. C'était comme une intervention divine. Mais tout s'est bien passé. Et c'est ici que notre histoire commence.

Vous vient-il parfois à l'esprit, disons...lorsque vous faites vos courses ou lorsque vous faites le plein d'essence, que vous êtes Bon Jovi et que vous avez des millions de fans à travers le monde ?
DB : Oui. Je me demande pourquoi ils ne font pas mon plein d'essence. Pourquoi ne font-ils pas mes courses?
RS : Ce qui est important à propos de ce groupe - et je crois l'une des raisons pour lesquelles les gens continuent à venir nous voir - c'est l'amitié qui nous lie. Et je pense que nous sommes un groupe de frères; nous sommes là et nous continuons. Nous étions damnés si nous le faisions et damnés si nous ne le faisions pas. Nous avons survécu à tout - les critiques des hair band etc... - en travaillant dur, en faisant de la bonne musique et en restant ensemble. Et je pense que les gens veulent voir des groupes rester ensemble. Ils veulent être divertis par des groupes qui restent ensemble, qui sont vraiment amis. Nous nous aimons toujours. C'est assez incroyable après 22 ans...
Vous faites ça depuis tellement longtemps, chacun doit avoir ses titres préférés. Y'a-t-il un titre que vous aimez toujours jouer en concert ?
RS : Oui. Tout sauf nos chansons. Je plaisante. Evidemment nous sommes très heureux à l'idée de jouer les titres du nouvel album. Et à chaque fois que l'on joue les nouveaux titres d'un nouvel album on est très excité! C'est une question que l'on nous pose souvent: "Que ressent-on lorsqu'on joue Livin'On A Prayer pour la vingt millième fois?" Des titres comme celui là ne vieillissent pas.
DB : Il est difficile de répondre à cette question parce-que c'est vraiment génial de jouer certains classiques et c'est vraiment génial de jouer les nouveaux titres. Pour être honnête, c'est un honneur d'arriver sur scène et de savoir qu'on est toujours apprécié.
J'ai remarqué sur l'album que vous avez travaillé avec Dann Huff qui a des origines essentiellement country. Comment avez-vous travaillé avec lui et qu'a-t-il apporté au groupe ?
RS : En fait nous n'avons jamais eu la chance de travailler avec lui en personne. Il a juste pris notre travail et nos chansons et les a emmené à Nashville pour les "Nashvilliser." Il est manifestement l'un des meilleurs producteurs de Nashville, si ce n'est le meilleur et nous sommes très fiers du résultat. Et maintenant il semble que nous pouvons faire un bon crossover -- particulièrement parce-que la country n'a jamais été aussi présente dans la pop. Il y a un peu de country dans "Wanted Dead Or Alive." Et quand on écoute les Rolling Stones, ils jouent de la country. Led Zeppelin aussi, à leur façon.

Quels sont les titres que vous allez jouer en tournée et qui ne sont ni des hits ni des titres du nouvel album? Quels sont les autres titres auxquels les fans peuvent s'attendre ?
DB : Il y en a tellement, c'est très difficile de choisir. Parfois, si nous avons une idée de nouvelles chansons à jouer, nous les testons durant le soundcheck. Si Jon nous dit: "je ferais bien ces 4 ou 5 titres," nous les jouons lors du soundcheck. Ensuite, il arrive aussi que sur scène, il se tourne vers nous et commence à jouer un titre que nous n'avons pas jouer depuis 20 ans ou 6 ans, peu importe, et on le suit parce-que ce titre est enfoui quelque part dans notre mémoire.
RS : Parfois, comme David l'a dit, Jon nous crie le titre d'une chanson que nous n'avons pas jouer depuis très longtemps, et nous sommes là devant 70,000 personnes et nous réussissons à la jouer. Et les gens apprécieront parce-qu'ils apprécient cette énergie. C'est presque un reality show! Lorsque tu joues un titre très rare, s'il y a un déraillement ici ou là et que quelqu'un joue une mauvaise note, ça n'a aucune importance!
Y'a-t-il des chansons ou des albums qu'il est hors de question de jouer?
DB : Je dirais que nous pouvons collectivement en tant que groupe vous dire que vous n'entendrez jamais "She Don't Know Me."
RS : Absolument. Ni aucun titre du second album. Nous prenions nos marques en tant que groupe à cette époque. Nous avons vraiment trouvé notre style avec "Slippery When Wet." Je pense que l'une des choses les plus importantes qu'un groupe doit faire est de trouver sa voie et, bien que nous avions déjà tourné, et que nous avions reçus des disques de platine et des disques d'or, nous ne savions pas vraiment qui nous étions jusqu'à ce que "Slippery" arrive, jusqu'à ce que ces titres soient écrits et jusqu'à ce que cet album soit réalisé.