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Interview de Richie Sambora à propos de l'album 'one wild night' Juin 2001 - NRJ Live Texte: Carlos Sancho



Quel bilan dresses-tu après quinze ans de tournée ?
RS: Que je suis un grand privilégié: je vis de ma passion, gagne très bien ma vie, voyage et visite de superbes pays, joue dans les plus grands stades du monde et suis accompagné d'une femme formidable (l'actrice Heather Locklear)
Pensais-tu un jour atteindre un tel rêve?
RS: Prétendre le contraire serait idiot et mensonger .
L'ancien bassiste du groupe a laissé sa place à Hugh Mc Donald. Celui-ci n'apparaît ni sur vos clips, ni sur vos séances photos. Pas très fairplay tout ça...
RS: Historiquement, nous n'avons eu qu'un seul bassiste dans ce groupe depuis le début. Hugh le remplace et se révèle excellent mais sa mise à l'écart médiatique est un deal établi avec lui depuis le départ. Bon Jovi vit de sa légende et autour de ses membres originaux.
Depuis Slippery When Wet votre carrière est en constante évolution. N'avez-vous pas peur que tout cela s'arrête un jour?
RS: Je n'y pense pas. La vie réserve à n'importe qui des surprises désagréables. Il n'y a donc aucune raison pour que nous soyons épargnés. Je m'attends à ce qu'un jour l'un de nos disques ne marche pas très fort. D'ailleurs, cela m'arrive déjà en solo (rires). Ce que je sais, c'est que nous ne changerons ni de musique ni de personnalité pour conserver le succès à tout prix.
Depuis l'énorme carton de Slippery When Wet (plus de 15 millions d'exemplaires vendus), les rumeurs concernant la sortie d'un live n'ont cessé de circuler. Pourquoi avoir tant attendu?
RS: Nous nous devions d'honorer cette demande un jour, tu as raison. Nous y avons pensé après chaque tournée, mais les occasions ne nous semblaient pas toujours idéales. Nous aurions pu en sortir un après le Slippery Tour, histoire de marquer la fin d'une période, mais nous nous sommes dit que c'était trop attendu, trop facile, trop évident. Après le succès de Crush (déjà plus de 7 millions de Cds écoulés, NDLR), notre huitième disque, nous avons senti que le moment était venu de le sortir enfin.

Pourtant, vous avez déjà publié des vidéos live et plusieurs titres en publics en face B de singles...
RS: Le processus, ainsi que le support, sont différents. Chaque vidéo est issue d'un seul concert. Quant aux faces B, je trouve ridicule de sortir des singles à la pelle sans y ajouter des titres live ou inédits. Le Cd qui vient de sortir, lui, retrace toute notre carrière: quinze ans d'existence.
Vous étiez l'an dernier en Europe. Vous y avez enregistré une vidéo live ( The Crush Tour) à Zurich. Pourquoi n'êtes vous pas passés par Paris?
RS: Notre album commençait tout juste à marcher en France et nous ne souhaitions pas venir jouer chez vous avant qu'il soit réellement bien installé dans vos charts.
Comment avez-vous procédé pour le choix des titres?
RS: Cela a représenté un boulot monstre. Nous avons dû réécouter des dizaines et des dizaines de kilomètres de bandes emmagasinées au fil des ans.
N'aurait-il pas été cohérent de prendre tel ou tel concert en particulier?
RS: Nous souhaitions exposer l'évolution du groupe, de ses musiciens, de l'amitié qui nous unit et du chemin parcouru par chacun d'entres nous. Nous sommes différents aujourd'hui. Et pas seulement à travers nos coupes de cheveux! Certains se sont mariés, ont eu des enfants...Nos réflexions et la manière d'aborder la vie et la musique ont évolué. Nous assumons parfaitement notre passé, nous le revendiquons même. En allant dans cette direction, nous tenions absolument à rassembler les meilleures versions de certains de nos meilleurs titres. A écrire, en quelque sorte, l'histoire de Bon Jovi. Nous ne jouons plus de la même manière aujourd'hui. Notre répertoire est vaste et nous ne sommes plus les mômes fougueux de nos débuts.
As-tu quelques révélations à nous offrir concernant votre spectacle parisien du 19 juin?
RS: Impossible. Chaque concert est différent. Nous nous adaptons en fonction de notre public. On ne chante pas chaque soir les mêmes titres. Je sais juste que nous jouerons plus de deux heures.
Lors de la tournée promo de l'album These Days, vous avez joué en première partie des Rolling Stones. C'était votre choix?
RS: Jouer avant les Stones est un véritable honneur pour des musiciens comme nous. Une offre qui ne se refuse pas. Lorsqu'on nous a proposé ce plan, nous n'avons pas réfléchi une seule minute.
Jon et toi avez sorti un album solo chacun. Jon est venu défendre le sien (Destination Anywhere) à l'Elysée Montmartre de Paris, en 1997. Lors de tes deux tournées européennes, nous ne t'avons jamais vu seul, pourquoi?
RS: Les promoteurs français n'ont pas estimé qu'il était nécessaire d'acheter mon propre spectacle et la maison de disques n'a pas jugé utile de faire un geste pour parvenir à un accord financier. Je ne rapporte pas autant d'argent que Jon, il faut bien le dire...

Tu aurais pu te produire toi même?
Non! Pourquoi devrais-je le faire? Je suis un artiste, pas un promoteur. Les tourneurs nous font tourner, d'autres s'occupent de la promotion et du marketing, les musiciens, eux, enregistrent et se produisent sur scène. A chacun son métier!
La collaboration entre Jon et toi est une pure réussite. Pourtant, vos albums respectifs sont totalement différents. Comment l'expliques-tu?
Bon Jovi, le groupe, demeure la symbiose de deux personnalités différentes avec des visions de la musique tout à fait distinctes. Nous ne sommes ni les premiers ni les derniers dans le genre. Regarde John Lennon et Paul McCartney (les Beatles), Mick Jagger et Keith Richards (les Rolling Stones) ou Steven Tyler et Joe Perry (Aerosmith). Le succès vient souvent de ces associations à priori contre nature...
Riche, beau, célèbre, heureux et en parfaite santé. Que peut-on demander de plus pour enchaîner les tournées d'un an et demi, voire deux?
Le public veut continuer à nous voir. Nous sommes heureux d'aller à sa rencontre à chaque fois. Pourquoi se retirer? Il n'existe aucun raison de ne pas continuer. A 60 ans, Bob Dylan monte toujours sur scène pour le plus grand plaisir de ses fans...et le sien.
Quels sont vos projets à l'issue de cette longue tournée?
Jon va réintégrer Hollywood pour tourner dans un nouveau film. Pendant ce temps, je vais m'atteler à mon troisième disque perso. Je tâcherai, cette fois, de venir jouer à Paris pour sa sortie. Ensuite - sans doute au printemps prochain -, nous nous mettrons au travail pour notre dixième album.

Juin 2001 - NRJ Live - Texte: Carlos Sancho
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