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Retrouvez sur cette page l'intégralité de l'interview qu'a donnée Richie Sambora au magazine
Vintage Guitar, à l'occasion de la sortie de l'album "Crush", en 2000. Il y parle du matériel utilisé pour l'enregistrement du CD et de celui qu'il emporte en tournée.






Richie Sambora - Crushing The New Millenium

Peu de groupes connaissent le succès de Bon Jovi, un groupe qui a acquis un large public en combinant des éléments hard rock avec de puissantes mélodies, d'excellentes accroches et des paroles pop de qualité. Bien qu'ils aient atteint leur apogée à l'époque de la scène pop/métal des années 80, ils ont depuis prospéré en s'opposant aux tendances et en restant fidèles à leurs racines. Après avoir fait de la musique ensemble depuis presque 2 décennies, le groupe a récemment sorti son septième album studio, Crush.
 
Guitariste, second chanteur, et compositeur essentiel, Richie Sambora a maîtrisé l'art de la composition et affiné sa technique. Son expérience au sein de Bon Jovi et sa carrière solo ont permis à Sambora de découvrir une variété de sons et d'essayer des instruments de musique de premier choix, des amplificateurs, et des effets disponibles dans les mondes moderne et classique.
 
Durant ces 15 dernières années, Sambora a acquis une collection impressionnante de matériel que non seulement il admire, mais surtout qu'il utilise. Alors qu'il n'emmène pas toujours ses pièces de collection en tournée, il les utilise en studio, et son matériel de tournée comprend un honnête étalage de superbes guitares. En fait, Sambora se considère comme un "cinglé de guitares."  
 
"Nous sommes une espèce de gens détraqués, mais nous pourrions tous avoir des dépendances plus graves", confesse-t-il. Propriétaire d'un assortiment terrible de Les Paul, Stratocasters, Telecasters, et amplificateurs tweed Fender, Sambora est toujours à la recherche de guitares et d'amplis à ajouter à sa ménagerie.
 
"J'ai une tonne d'excellentes guitares de collection et d'amplis maintenant", admet-il fièrement, tout en sachant qu'il a attrapé un cas sérieux de "syndrome d'acquisition de matériel". Contrairement au collectionneur typique qui met ses instruments sous verre, Sambora joue de chaque instrument qu'il possède.
 
"C'est vraiment génial d'avoir tout cela à portée de mains. Le seul inconvénient c'est que ça commence à prendre beaucoup de place",souligne-t-il. Puis il se reprend, "Mais vous ne m'entendrez jamais me plaindre!"
 
Vintage Guitar a rencontré Sambora alors qu'il préparait la tournée mondiale de Bon Jovi qui a débuté avec une série de concerts complets au Japon et en Europe avant de débarquer aux Etats-Unis. La discussion inclut la résurrection de Bon Jovi et sa manière d'aborder la réalisation du nouvel album du groupe, Crush, tout comme sa confiance dans les guitares et amplis de collection (et le nouveau matériel de Fender, Marshall et Vox) pour faire apparaître ses recettes sonores sur chaque titre.
 
Il a également réflechi sur ses racines musicales, discuté de l'évolution de son jeu et de son style de composition et a offert ses conseils utiles à ceux qui embarquent dans leur propre aventure musicale.
 
Vintage Guitar: Comment ta façon de jouer a-t-elle changé depuis le commencement de Bon Jovi au début des années 80 ?

RS :
Je pense que c'est devenu une façon plus organique. A l'intérieur du style du groupe, j'ai mon propre style et j'ai trouvé ma propre voix. En général, l'une des choses les plus difficiles à faire pour un groupe est de découvrir son identité stylistique et de trouver cette voix. En tant qu'instrumentaliste et guitariste du groupe, trouver ma voix m'a permis d'acquérir mon style, qui est une sorte de fusion moderne et organique entre le R&B et le rock and roll.
 
Cette évolution est-elle arrivée naturellement ou était-ce plutôt un effort delibéré ?

RS : La vie du groupe, mon travail solo, les différentes expériences dans ce business et en tant que musicien m'ont amené là où je suis musicalement aujourd'hui. Je ne pense pas que ce soit quelque chose que j'ai consciemment travaillé bien que j'ai apprécié faire évoluer mon style en apportant différents instruments. J'ai beaucoup joué du Dobro, cependant je n'ai pas cherché à en jouer sur ce nouvel album parce-que cela ne semblait pas être adapté. Mais j'utilise beaucoup la technique du slide sur cet album. Evidemment mon son a évolué également. Lorsqu'on écoute des albums comme Slippery When Wet ou New Jersey, j'ai utilisé deux guitares et deux sonorités en plus d'une acoustique. Mais sur ce nouvel album, la palette s'élargit. Grâce à l'augmentation de ma collection d'anciennes guitares, je suis capable de mettre plus de couleurs dans les chansons.
Je les vois comme des peintures soniques, et avec une guitare différente, un ampli différent, ou une pédale d'effets différente je crée une toute autre nuance. Avoir une guitare ou un ampli différent c'est comme peindre avec différentes couleurs.
 
Comment ton interprétation du son a-t-elle évolué au fil du temps ?

RS : En tant que musicien, j'ai toujours aimé appliquer ce qui était nécessaire pour la chanson émotionnellement. Je vois les chansons comme des films, donc j'essaye d'appliquer le son juste pour faire ressortir une émotion. Par exemple, pour "It's My Life," les sons sont parmi les plus puissants que j'ai jamais obtenu. Je voulais que les gens réagissent dès les premiers accords. C'est une combinaison de ma Les Paul '60 doublée par l'ampli tête 100 watt Marshall JCM 2000 Dual Super Lead et d'une tête Mesa/ Boogie Rectifier 4x12 et d'une talkbox.
 
Quel type de talkbox utilises-tu ?

RS : Sur ce disque c'est une talkbox faite maison. Elle a été fabriquée pour supporter une tournée avec un haut-parleur puissant supplémentaire. J'ai oublié ce que c'est mais c'est fait pour faire voler mes dents sur scène (rires)! Peter Frampton m'a prêté l'une des siennes parce-que j'ai explosé celle-ci. Il crée ses propres effets maintenant et il m'a volontiers rendu service. Alors j'ai joué en concert avec son nouveau matériel et j'aime beaucoup.
 
Combien de groupes utilisent la talkbox de nos jours ?

RS : Très peu. Je crois que les Foo Fighters en ont utilisé une sur leur dernier album comme un son secondaire, ce n'est pas comparable avec ce que je fais sur mon album.
C'est un instrument intéressant. J'ai essayé de l'utiliser plus souvent parce-que j'ai toujours pensé que c'était cool. Et c'est devenu une sorte de signature pour moi depuis le succès de  "Livin' On A Prayer." A cette époque, lorsque j'ai sorti la talkbox, je pense qu'on ne l'avait pas entendu à la radio depuis 10 ou 15 ans, sauf sur les radios "classic rock." Mais lorsque je l'ai apporté au groupe, ils ont tous commencé à se moquer de moi, comme si j'étais complètement cinglé. Mais en fait ça a marché, c'est devenu une partie intégrante du succès de ce titre. Par conséquent, quelques fois j'ai essayé de l'incorporer dans un titre mais sans succès. Pour certaines raisons, parfois ça marche et parfois c'est ridicule. Mais sur ce titre en particulier, ça l'a rendu plus dur.
 
Qui t'a inspiré l'utilisation de la talkbox ?

RS : Lorsque j'étais adolescent, Frampton Comes Alive est un album qui a connu un énorme succès. J'ai aimé que ce soit un album live et j'ai aimé voir ces groupes en concert. Joe Walsh utilise également la talkbox d'une manière incroyable. Ce sont les principaux.
 
Quels guitaristes t'ont influencé dans la recherche de ton son et dans la sélection de ton matériel ?

RS : Eric Clapton, Jeff Beck, Jimi Hendrix, Jimmy Page, Joe Perry, Johnny Winter, the Allman Brothers et tous les joueurs de blues moderne.
Quand j'ai entendu Cream et Hendrix pour la première fois, ils ont vraiment retenu mon attention. Ensuite, j'ai en quelque sorte remonté le temps en écoutant Albert King, B.B. King, Albert Collins et Hubert Sumlin. Et je suis allé plus loin avec Muddy Waters et encore plus loin avec Charley Patton et Reverend Gary Davis. J'ai fait des allées et venues. En tant que soliste, ce sont les joueurs de blues moderne qui m'ont vraiment influencé. Mais en tant qu'arrangeur, pour ce qui est de trouver des parties et des structures, ce sont les Beatles et George Martin.

Avec Bon Jovi le but n'était pas de développer des solos mais de jouer quelque chose de mélodique et mémorable. Donc les solos étaient plutôt des interludes mélodiques. On peut presque les imaginer être joués par un autre instrument ou par un orchestre. Donc ils sont plus mélodiques et orientés mélodiques, qu'orientés solos. Lorsque je faisais des sessions, j'apprenais à jouer ce qui était adapté à une partie spécifique d'un morceau.

J'ai apporté cette expérience au sein de Bon Jovi. Ensuite, en devenant l'un des principaux compositeurs du groupe, je voulais voir le bon son aller sur le bon titre et en fait j'ai moins ressenti le besoin d'être un masturbateur de guitare. J'avais assez de chose à faire avec le matériel, non seulement en étant le compositeur et l'artiste, mais également de nombreuses fois en tant qu'arrangeur et producteur de certains titres. Donc j'ai senti que j'avais suffisamment d'intérêts et que je n'avais pas besoin de m'emballer avec mon jeu de guitare. J'ai juste laissé venir et joué ce qui était approprié au morceau de musique.  
 
Parlons du processus de composition de Crush. Comment les chansons se sont-elles assemblées? Avez-vous fait des démos des titres d'abord, avant de réaliser l'album ?

RS : Lorsque Jon et moi nous sommes réunis pour en discuter, nous voulions faire un disque de rock optimiste avec de bons titres que les gens voudraient voir jouer en concert. Nous avons composé 60 chansons - la quantité la plus absurde que nous ayons composé pour un album - et nous avons fait des démos de chaque titre. Nous avions le temps de le faire pour différentes raisons. Jon est arrivé avec 30 titres parce-qu'il n'était pas sûr d'écrire un album solo. Il venait juste de terminer une courte tournée solo et avait commencé à composer de nouveau, mais il n'était pas sûr de ce qu'il allait faire.
Quand il est rentré, j'étais en tournée. Lorsque je suis revenu, nous avons décidé de réunir le groupe. Et là nous avons composé 30 autres titres et nous avons sélectionné ceux qui correspondaient le mieux au groupe, et je pense que c'est ce qui est génial à propos de cet album. Je pense que c'est l'un des meilleurs albums que nous ayons jamais réalisé en tant que groupe parce-que le matériel nous correspond et que nous pouvons nous identifier à chaque titre au niveau des paroles.
 
Quelle a été ton approche du point de vue de la production ?

RS : Nous avons fait des choses nouvelles et intéressantes sur Crush. Jon et moi avons fini par co-produire avec Luke Ebbin, il est prodigieux et je crois qu'il va devenir une grande star. Il a apporté beaucoup de nouvelles idées. Nous avons enregistré avec Pro Tools, ce qui nous a beaucoup aidé, nous avons utilisé des drum loops et enregistré avec un orchestre de 56 instruments. Tout s'est assemblé parfaitement. J'ai toujours été un touche à tout, mais sur cet album, Jon et moi avons été spectateurs. Nous n'avons pas été crédités en tant que producteurs sur Slippery When Wet ou New Jersey, mais nous avons toujours été très impliqués dans la production du son et des arrangements. Personne ne m'a jamais dit ce que je devais jouer. Ensuite travailler avec des gars aussi talentueux que Bruce Fairbain, Bob Rock, Don Was, Neal Dorfsman. J'ai toujours travaillé avec des mecs biens et j'ai toujours fait partie de l'équipe de production avec eux. Dès les premières étapes et pendant l'enregistrement je suis derrière la console, j'observe le travail de tout le monde. C'est un peu de cette façon que j'ai acquis mes connaissances en enregistrement et en production - en m'incluant dans la production et surtout ne pas me contenter d'être seulement l'un des musiciens.  
 
Lorsque tu écris les parties guitare, crées-tu volontairement des parties que tu peux reproduire en concert, pendant que tu chantes ?

RS : Non. Je laisse venir. Ensuite je dois apprendre à les refaire plus tard. Tu dois jouer ce qui est bien pour la chanson et non ce qui est bien pour toi. C'est de cette façon que grandit un musicien, et c'est ce qui m'est arrivé au fil des années. Mon style a évolué grâce à toutes mes expériences dans le business de la musique. Cela m'a conduit vers un chemin particulier. Travailler avec Don Was et différents musiciens m'a emmené vers un chemin particulier. Travailler avec d'autres compositeurs comme Richie Supa fait également partie du processus d'apprentissage. Il y a deux ans, j'ai participé à l'un des albums de Noël de Steve Vai, ce qui était très bizarre. J'ai fait quelque chose de très simple au Dobro, avec Don Was à la basse, et nous avons enregistré une version de "O Come All Ye Faithful" qui se défend comme une mère! Donc à cette époque j'ai fini par faire un album gospel avec Don et j'ai joué de différents instruments. J'ai eu un choix de projets très étendu pour satisfaire ma diversité stylistique. Je pense que je suis devenu non seulement un styliste électrique, mais aussi un joueur utilitaire parce-qu'au sein de Bon Jovi je couvre toute une variété de styles et cela me permet d'utiliser tous ces instruments rares qui font maintenant partie de ma palette sonique.
 
Comment tous ces instruments affectent ta manière de jouer et de composer ?

RS : Evidemment, la jouabilité et les qualités sonores de ces différents instruments changent les choses. Si j'utilise ma magnifique Les Paul, comme la 1960 ou la '59 que je possède, cela va m'inspirer de jouer d'une certaine façon et ça fonctionnera mieux pour obtenir un certain son ou une attaque particulière. Mais si je joue de ma '50 Broadcaster, j'aurais une approche complètement différente. La Les Paul a un son plus velouté, plus gras et aura une meilleure reprise, mais la Broadcaster va avoir tout le mordant. Alors que la Strat possède toutes ces caractéristiques, donc ton approche du jeu est complètement différente
et tu utilises chaque guitare là où elle s'adapte le mieux. Sur cet album, j'ai presque utilisé tout ce que je possède - quelques Gretsch, des Telecasters, des anciennes Stratocasters, des Les Paul. J'ai utlisé quelques Danelectros, des Telecasters Bajo Sexto que le Fender Custom Shop a fabriqué pour moi, des Sitars électriques et tout un tas d'instruments habituels et inhabituels. J'ai également utilisé beaucoup d'amplis. J'ai tout utlisé et ça a été un vrai bonheur!
 
Y'a-t-il eu un groupe de guitares, amplis et effets pour le rythme ou les chansons principales ?

RS : Je n'ai pas utilisé beaucoup d'effets, et j'ai essayé de ne pas utiliser le même instrument sur chaque titre, même si j'utilisais une guitare de la même famille des Telecasters. J'essayais d'en utiliser des différentes, comme jouer d'une '50s Broadcaster et d'une B-Bender Tele Jay Black fabriquée pour moi par le Fender Custom Shop, ou alors j'utilisais une '58 Strat que j'ai eu dans la boutique de Norman - Norm's Rare Guitars, et je l'associais avec une nouvelle Stratocaster "Richie Sambora Signature Series." J'ai fait beaucoup d'association de guitares sur chaque titre. J'ai un ampli switcher très simple et j'ai utilisé un tas de différents amplis. J'ai beaucoup de Tweed Fenders, mes préférés sont le 1959 Super Twin qui a son propre très puissant , un '53 Super et un '58 Bassman. J'ai aussi un ampli 12s Selmer et quelques vieux AC-30s et AC-15s des années 60, mais aussi un AC-30 tout neuf que j'ai beaucoup utilisé sur ce disque. J'ai aussi utilisé des Mesa/Boogies et la tête Marshall JCM 2000 DSL 100 a été très présente sur cet album. Je l'utilise aussi en concert. J'aime vraiment beaucoup cet ampli. J'ai été converti quand je suis allé voir Jeff Beck. J'ai également utilisé un VHT Pitbull, qui a toujours été un essentiel pour moi sur presque chaque disque que j'ai fait ces 10 dernières années. Il a toujours eu sa place sur mes albums. J'ai aussi toujours quelques Dumbles que Howard m'a fabriqué et qui sont géniaux. J'ai deux ou trois Marshall Plexis qui trouvent également leur chemin vers les albums de temps en temps. D'une certaine manière je suis assez Neandertal à propos de mes amplis. Quand il s'agit du son, je sais si c'est bon et si c'est adapté à la chanson. Mais en ce qui concerne le matériel technique, je veux juste pouvoir brancher l'ampli, tourner les boutons et m'amuser avec jusqu'à ce que j'obtienne le bon son. Je le branche avec une guitare et ensuite je sais si j'obtiens le son que je veux.
 
En quoi ton matériel de studio diffère-t-il de celui du live ?

RS : Pour les stades, j'ai tendance à vouloir des amplis qui rendent le son propre lorsque je baisse le volume de mes guitares. Donc en ce moment je combine les Pittbulls et les Marshalls sur scène. le nouveau Marshall a un canal clair extraordinaire dont le son est magnifique.

J'aime utiliser quelque chose dont je peux tirer un tas de sons et qui fonctionne bien avec les différentes guitares que j'utilise en concert. Il existe de grands fossés sonores et de volume entre les différents micros, comme lorsque j'utilise ma '60 Les Paul comparée à ma toute nouvelle Strat. Il y a un tas de choses que tu dois compenser. En ce qui concerne les effets, j'essaye de ne pas trop en utiliser et je les mets après, lorsque j'enregistre. J'essaye de garder le son aussi pur que possible. Je n'utilise même pas de sans fil et j'essaye d'utiliser des câbles autant que possible et ensuite seulement je touche à la tonalité. Sur scène j'utilise la Vox Wah, une Boss SD-1 Super Overdrive et quelques effets hors console, comme les echos stéréo. Pour mes guitares, Todd du Fender Custom Shop vient juste de me fabriquer des nouveaux modèles signature de Strats qui sont terribles. Je viens également d'avoir une signature de guitares acoustiques que Taylor fabrique pour moi et qui est prodigieuse. La guitare est faite en merisier et a une découpe Florentine. C'est tout simplement terrible. J'attends également deux doubleneck acoustiques que Taylor me fabrique. Je crois que ce seront les deux seules dans le monde. Je me réjouis tellement de ce modèle signature. C'est non seulement un magnifique instrument, mais je l'ai utilisé l'autre jour lors d'une session et elle s'enregistre de manière incroyable. Elle s'enregistre complètement que tu joues avec un médiator ou que tu fasses travailler tes doigts, il n'y a pas de parasites.

Il y a des micros Fishman sur le bridge et le manche que tu peux équilibrer. Il y a un contrôle des fréquences, un contour micro, un contrôle des graves, des aigus et du niveau de volume général, un notch filter et un contrôle des balances pour commuter entre les micros. Le son est excellent qu'il soit acoustique ou amplifié. Je leur ai fait fabriquer le manche de telle manière que je peux jouer rapidement ou lentement, un peu comme une électrique, donc c'est génial. Tu la prends et tu sais tout de suite que c'est une excellente guitare. Ils l'ont vraiment bien faite.
 
Comment aimes-tu que tes guitares soient montées ?

RS : J'aime qu'il y ait un peu de résistance, donc je joue avec des cordes de tirant .010s et elles sont montées assez hautes par rapport au manche.
Lorsque je joue en concert, j'ai toute cette adrénaline, donc j'aime que les cordes soient un peu plus tendues. Mais lorsque je suis en studio, mon jeu de cordes est du .009s parce-qu'il faut un peu plus de finesse. Si j'utilise un accordage alterné, je produis plus de gestes et j'utilise des cordes plus grosses. Je joue avec des médiators moyens classiques, mais parfois j'essaye un matériel différent pour obtenir des sons différents, comme lorsque je double un titre acoustique avec un médiator assez fin pour lui donner une résonnance. Je maîtrise bien cette technique, ça ne me demande aucun effort particulier.

T'exerces-tu souvent ?

RS : Je m'exerce, mais je ne travaille pas vraiment la technique. Je laisse la chanson m'emmener quelque part. Lorsque je m'exerce, je prends un instrument qui m'excite, dont je ne joue pas souvent, comme un Dobro ou ma 1902 Martin parlor et je joue aux doigts. J'ai beaucoup joué aux doigts à la maison mais également sur l'album. J'utilise
également de plus en plus la technique du slide.
 
Qu'utilises-tu pour ton jeu en slide ?

RS : Des cylindres en matière acrylique ou en verre. Avec des bottleneck en métal j'ai parfois trop de parasites et je ne suis pas un assez bon joueur de slide pour le contrôler avec ma paume. Sur "Save The World," je crois que j'ai utilisé un cylindre en plastique, mais pour "One Wild Night" et la fin de "Mystery Train," qui a un son country et sur lequel tu peux entendre plus de cordes, je pense que c'était un bottleneck en verre. Je préfère lorsqu'ils sont fins.
 
Quels conseils peux-tu donner à des joueurs pour développer leur propre style et leur propre son ?

RS : Je crois que la chose la plus difficile pour un groupe est d'acquérir son propre style. Il aura fallu trois années de tournées à Bon Jovi et l'expérience de deux albums avant de découvrir qui nous étions. Il nous aura fallu tout ce temps pour trouver ce que nous allions faire et comment adapter notre composition à la situation. A travers ces expériences, le groupe apprenait à se connaître, pas seulement personnellement, mais musicalement. Après cela, tu adaptes ton style de jeu dans cet environnement. Mais je crois que si je peux donner n'importe quel conseil, c'est de travailler l'art de la composition parce-que c'est la base de notre métier. Sans une bonne chanson, nous pouvons tous être les meilleurs musiciens, mais si tu n'as pas une bonne chanson à jouer, personne ne va venir te voir jouer, personne n'achètera tes disques, et tu n'as pas de carrière. C'est une part importante de ce qui construit le style d'une personne, la voix d'un groupe, et la voix particulière d'un instrumentaliste. C'est le meilleur conseil que je puisse donner. Si tu n'es pas un bon compositeur, trouve un bon compositeur auprès duquel tu apprendras. Et même si tu es déjà un bon compositeur, écrit avec autant de personnes différentes que tu peux parce-que tu apprendras toujours quelque chose de nouveau auprès d'une nouvelle personne.
 
Penses-tu que la collaboration soit la meilleure façon de progresser en tant que compositeur et musicien ?

RS : C'est utile et c'est certainement une bonne manière pour t'aider à progresser, à moins que tu sois comme Bob Dylan, Bruce Springsteen, Billy Joel, ou John Cougar Mellencamp - des personnes qui peuvent simplement s'asseoir et écrire une chanson très prolifique très facilement. Des mecs comme Dylan et Springsteen ont un album en poche tout le temps. Ce sont les exceptions. Mais en écrivant avec d'autres compositeurs et en collaborant avec d'autres personnes, tu apprendras toujours quelque chose. Lorsque Jon et moi écrivons de la musique, nous avons un style et il y a quelque chose qui se passe naturellement entre nous. Ca nous ressemble. Nous le faisons depuis presque 20 ans, alors nous avons une histoire, mais nous continuons à évoluer. Notre évolution en tant que compositeurs et producteurs de disques vient de ces break que nous avons pris. Nous faisons des breaks pour réaliser des projets solos et pour avoir des expériences individuelles, si bien que
 lorsque nous réunissons le groupe, nous avons de nouvelles expériences de vie et musicales à partager. Donc la composition évolue d'un point de vue musical mais également au niveau des paroles.
 
Quel genre de musique écoutes-tu pour ton plaisir et pour ton inspiration ?

RS : Je suis un fan de Blues, mais j'ai des goûts très éclectiques. J'aime tout, de Charley Patton à Muddy Waters, de Eric Clapton aux nouveaux groupes comme Lit, Foo Fighters et Creed. J'aime les Black Crowes - c'est un excellent groupe. J'écoute Frank Sinatra et de la musique classique. J'écoute les bases du Blues parce-que j'aime l'émotion qui en ressort. C'est ce que j'ajoute à Bon Jovi. Si tu écoutes ce que je joue, il y a un engagement émotionnel dans ce que je fais. Je crois que ça vient des joueurs avec lesquels j'ai grandi - comme Hendrix, Jeff Beck, Jimmy Page - qui mettent beaucoup d'émotion dans leur jeu. C'est ce que je fais en tant que guitariste.
 
Qui a influencé ton style de jeu acoustique ?

RS : Les disques de Led Zeppelin ont été très importants pour moi. Le travail acoustique de Page était incroyable. Il y a aussi ce mec du New Jersey que j'allais voir lorsque j'étais adolescent et qui s'appelle Bruce Foster. Aujourd'hui c'est l'un de mes partenaires de composition. J'allais le voir jouer dans un restaurant appelé Charlie's Uncle, dans le East Brunswick, et il jouait dans tous les petits bars de la côte. Nous sommes devenus amis puis nous avons composé ensemble. Il pouvait être seul sur scène avec sa guitare et faire croire qu'il avait un orchestre derrière lui. J'étais un peu l'un de ses disciples. Ensuite j'ai commencé à me produire sur scène comme lui. Lorsque nous avons composé Slippery When Wet, il n'y avait pas beaucoup de guitare acoustique sur les albums de rock and roll. On n'entendait rien de tel à la radio à cette époque. Les ondes étaient envahies par les guitares électriques et les claviers avec des groupes comme A Flock Of Seagulls. Etant un amoureux de la guitare acoustique, j'ai vraiment voulu remettre la guitare acoustique dans le rock moderne à cette époque - 1986. C'est de cette façon que la chanson "Wanted Dead Or Alive" est arrivée. Des titres comme "Never Say Goodbye" sont également menés par la guitare acoustique. Ensuite j'ai juste gardé cette tendance et je pense que j'ai réussi parce-qu'après la sortie de cet album, les guitares acoustiques ont fait leur réapparition.
 
Entendre "Wanted Dead Or Alive" m'a donné envie d'acheter une guitare, et je suis sûre que cela a été le cas pour d'autres guitaristes. Ce titre a certainement fait entrer la guitare acoustique au premier rang dans la musique rock.

RS : Super! C'est exactement ce que je voulais faire. A cette époque, j'avais mes deux tonalités de guitares avec deux guitares et un ampli. C'était à peu près tout ce que je possédais. J'avais deux ou trois acoustiques sympas et le son particulier de cette guitare a été enregistré avec une bonne vieille Guild F-50 12 cordes qui était une seconde main que j'ai choisi à l'usine Guild. J'avais un ami qui connaissait quelqu'un qui travaillait chez Guild et ils ont été assez gentils pour me laisser entrer dans leur usine et choisir une 6 cordes et une 12 cordes. Elles étaient toutes les deux d'occasion à cause de défauts de finitions. Je n'ai pas vraiment fait le bon choix avec la 6 cordes parce-qu'elle ne s'est jamais bien enregistrée. Mais cette 12 cordes était terrible. Elle avait un son excellent bien qu'il était assez difficile d'en jouer. La tonalité était très claire.

Nous avons enregistré ce titre à Little Mountain Sound à Vancouver. C'était l'une des pièces latérales avec un mur en pierres, j'ai gardé un climat très frais afin que les sons clairs soient très résonnants. La guitare était un instrument clair très bien construit qui s'enregistrait de manière incroyable. Mais ma quête était d'apporter la guitare acoustique dans le rock parce-qu'elle avait beaucoup de dignité et elle ajoutait de l'intégrité aux chansons. Beaucoup de nos chansons ont été écrites avec juste deux guitares acoustiques et un magnétophone. C'est notre façon de composer - très simplement. Et nous sommes d'accord sur le fait qu'on ne peut pas améliorer quelque chose de mauvais. Alors si nous pouvons chanter une chanson accompagné par une guitare acoustique ou un piano et si nous pensons que c'est bon, nous passons à l'étape de la démo.
 
Que nous prépare Bon Jovi ?

RS : En ce moment, nous faisons tout pour réaliser un album contemporain, et nous voulons remettre Bon Jovi à l'ordre du jour. Il y a très peu de groupes qui font ce que nous faisons et qui ont des albums à succès. Jusqu'ici tout s'est très bien passé. L'album est entré dans le classement de 10 pays à la premièr place et aux USA à la neuvième place. "It's My Life" est un hit dans toute l'Europe, au Japon, en Australie, en Amérique du Sud et en Afrique du Sud. Notre premier concert à Wembley, tous les stades au Japon, et la plupart des stades à travers l'Europe affichent complets. Nous commencerons notre tournée aux Etats-Unis à la fin de l'année. "It's My Life" fonctionne très bien à la radio, nous avons fait l'émission "Behind The Music" pour VH1, et la vidéo est déjà diffusée sur VH1 et MTV donc Bon Jovi est de nouveau contemporain.
Qui l'aurait cru? Nous sommes fous de joie. Mais pour en revenir à l'essentiel, je crois que nous avons fait un bon album avec de bons titres que les gens voudront écouter et c'est très important.
 
Lisa Sharken - Vintage Guitar Magazine
© Frédérique Bony pour les traductions des termes techniques
Traduction Forever Bon Jovi
































































































































































































































































































































































































































































































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